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Fin de l’histoire d’amour entre les français et l’assurance-vie : mythe ou réalité ?


Article publié le 06/12/2016

Fin de l’histoire d’amour entre les français et l’assurance-vie : mythe ou réalité ?

Sur le seul mois d’octobre 2016, les compagnies d’assurance ont enregistré une décollecte nette de 100 millions d’euros sur les contrats d’assurance-vie de leurs clients. En clair : les épargnants ont fait plus de retraits que de dépôts. Une première depuis décembre 2013 après un mois d’août peu flamboyant et un mois de septembre tout juste à l’équilibre !

 

Signe d’un désamour durable des Français pour l’assurance-vie ou effet conjoncturel ? Décryptage.

 


L’assurance-vie fonds euros : des rendements en chute libre…

           

La principale raison de la désaffection des épargnants pourrait être l’environnement des taux bas, qui forcent les gestionnaires à acheter des actifs qui distribuent un faible rendement dans leurs fonds euros (obligations notamment).

 

Ainsi, le rendement des fonds euros des assurances-vie, en chute libre ces dernières années, s’est établi en moyenne à 2.3% en 2015. Et la chute devrait s’accentuer en 2016 : le rendement moyen pourrait ainsi passer sous la barre des 2%. Certains assureurs prévoient même une chute de plus de 0,5%...

 

 

… mais le meilleur placement sécurisé du marché

 

Si la baisse des taux est impressionnante pour l’assurance-vie, elle a aussi concerné les autres placements sécurisés : livret A et LDD à 0,75%, PEL à 1% depuis août dernier… Même à court terme, l’assurance-vie reste ainsi une option très intéressante (cf. notre article sur le sujet).

 

Surtout que certains contrats d’assurance vie conservent encore des rendements proches de 4% sur leurs fonds en euros (cf. notre comparatif des meilleures assurance vie du marché).

 

 

Des conditions contractuelles moins favorables…

 

Le vote de la loi Sapin 2 n’est peut-être pas étranger à la décollecte en cours. Cette loi autorise en effet le gouvernement à bloquer les retraits des contrats pour préserver la stabilité financière des assureurs (cf. notre article sur le sujet). Ainsi, certains épargnants peuvent craindre de ne plus pouvoir accéder rapidement à l’intégralité de leur épargne et de ce fait détournent leur argent de l’assurance-vie.

 

Par ailleurs, les assureurs soumettent de plus en plus souvent l’accès à leurs fonds euros garantis à certaines conditions. A titre d’exemple, ils imposent régulièrement aux épargnants d’investir une partie de leur épargne dans des unités de compte non garanties s’ils souhaitent avoir accès à leur meilleur fonds euros. C’est par exemple le cas de Boursorama Vie, Fortuneo Vie et bien d’autres. Ces nouvelles conditions peuvent rebuter certains épargnants allergiques au risque… et ils sont nombreux en France !

 

 

… mais des avantages fiscaux déterminants

 

L’imposition des contrats d’assurance-vie, particulièrement avantageuse, devrait continuer à peser durablement dans les choix d’arbitrage des Français.

 

En effet, l’imposition des revenus générés par l’assurance-vie ne se fait que lors des retraits, avec une fiscalité dégressive pouvant atteindre 7,5% au bout de huit ans, et après 4600 euros d’abattement (9 200 pour un couple). Les avantages sont également nombreux en cas de succession, principalement grâce à un abattement de 152 500€ par bénéficiaire.

 

Par rapport à un livret d’épargne imposé dès le premier euro au barème de l’impôt sur le revenu et totalement intégré dans la succession, l’écart est donc de taille !

 

Les candidats à la primaire de la droite et du centre l’ont d’ailleurs bien compris : aucun d’eux n’envisage une réforme défavorable de ce contrat très avantageux.

 

 

Au final, des chiffres qui donnent toujours le vertige

 

La décolle en cours n’est pas inédite, même si le dernier épisode de ce genre date de fin 2013. Et le montant de la décollecte est à mettre au regard de la collecte nette qui s’élève, depuis le début de l’année, à 15.7 milliards d’euros, et du montant total de l’encours qui s’élève, quant à lui, à 1 620 milliards d’euros !

 

De plus, 44% de la population a une assurance-vie et celle-ci reste un placement plébiscité par les Français grâce ses nombreux avantages, notamment dans le cadre de la préparation de la retraite.

 

Même dans les conditions actuelles et sauf remise en cause de sa fiscalité attractive, l’assurance-vie devrait donc continuer à être l’un des placements préférés des Français... avec l’immobilier.


Par Frédéric BILLOT









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